itsenäisyyspäivä

ID cathedrale

 

 

“A tes souhaits!” C’est ce que j’ai voulu répondre à mon amie finlandaise lorsqu’elle m’a appris comment dire « journée de l’indépendance » en Finnois: “itsenäisyyspäivä ”. (Juste pour rire, je vous écris le mot en Suédois : « självständighetsdag »)

 

Alors voilà, hier, samedi  6 décembre, nous avons pu assister à la commémoration de ce mot étrange. Et en tant qu’étudiant, je peux vous dire qu’on a pu vraiment participer à cette célébration.

 

Un peu d’histoire d’abord:

 

Le 6 décembre 1917  fut proclamée l’indépendance de la Finlande qui était depuis 1809 un Grand Duché de L’empire Russe après avoir été une province suédoise pendant près de 5 siècles. Le mouvement en faveur de l’Indépendance de la Finlande a débuté après les Révolutions Russes de 1917.

En février 1917, la chute du Tsar, tête de l’Exécutif et donc aussi du Grand Duché finlandais, remet en question la mainmise russe sur celui-ci.  Les Sociaux-démocrates, qui contrôlaient alors le Parlement, décide d’une Loi de Pouvoir qui donne plus de pouvoir au Parlement et donc encore plus d’autonomie à la Finlande. Cette loi est, comme on peut s’y attendre refusée par la Russie, mais aussi par l’aile droite finlandaise. S’ensuit une confrontation politique entre les partis finlandais de Droite et de Gauche, avec nouvelles élections (qui voient la Droite gagnée à une courte majorité), dissolution, contestation…

La Révolution d’Octobre en Russie change la donne avec la prise de pouvoir par les Bolchéviques. La Droite finlandaise reconsidère sa position et finalement déclare l’Indépendance le 6 décembre.

S’ensuit une guerre civile traumatisante en Finlande, entre les Rouges et les Blanc. Les  Blancs célèbrent leur victoire le 16 mai, et occulte ainsi la célébration de l’Indépendance dans les années qui suivent qui est cependant fêtée à partir de 1919.

Dans les premières années qui suivent l’Indépendance, le 6 décembre est une journée très solennelle marquée par des discours patriotiques et des messes spéciales pour l’occasion. A partir de 1970, les célébrations prennent une forme plus vivante : le bleu et le blanc sont à l’honneur. Les boutiques décorent leurs vitrines de bougies et drapeaux bicolores. Les glaçages des gâteaux se parent aussi de ces couleurs.

 Il est également traditionnel dans les familles d’allumer deux bougies à chaque fenêtres de leur maison dans la soirée.  Déjà, sous l’occupation russe, on allumait des bougies le jour de l’anniversaire de Runeberg (poète national qui a écrit l’hymne national) en signe de protestation contre l’oppression russe. La légende dit que ces bougies indiquaient aux jeunes hommes résistants que la maison était prête à leur offrir un toit pour les cacher des Russes. Ce qui, je pense, ne peut être qu’une légende car les Russes ne sont pas plus aveugles que ces jeunes hommes, et voient donc les bougies… Mais bref, je ne veux pas casser tout le mythe !

 

 

Le déroulement de la journée de l’Indépendance:

 

Commençons par dire que c’est un jour férié (pas de chance, il tombe un samedi cette année!). Les festivités officielles commencent quand le drapeau finlandais est hissé en haut de Tähtitorninmäki (la colline de l’observatoire) à Helsinki. Un service religieux se tient dans la cathédrale Orthodoxe d’Helsinki et est suivi de visites officielles au monument aux Morts de la Seconde Guerre Mondiale. Des bougies sont allumées sur toutes les tombent, ce qui est très joli dès 16h quad  il fait noir.

Vers 16h30, les étudiants se réunissent auprès du grand cimetière d’Helsinki. Ils se regroupent en fonction de leur Nation (organisations étudiantes régionales). A 17h, flambeaux en main, casquette blanche des  (je vous en reparlerai) sur la tête,  prêts à chanter et en rang par 4, le défilé étudiant, plus grand défilé de la journée, débute. 20 drapeaux finlandais (j’ai demandé pourquoi ce nombre, mais personne n’a su me répondre) ouvrent la marche, suivi par les drapeaux des organisations étudiantes et celui des Vétérans. Une marche à la fois solennelle et emplie de fierté modeste nous a amené sur toutes les grandes rues d’Helsinki, pour se terminer, près d’une heure plus tard, devant la Cathédrale où sont ensuite, une fois que tous les étudiants sont arrivés (ça prend du temps), prononcés des discours en Finnois et Suédois (et même un peu d’Anglais) en l’honneur de la Finlande, des Etudiants et de L’Europe (enfin, si j’ai compris. C’était d’ailleurs génial de pouvoir choper quelques mots et bouts de phrase !). Nous, les Erasmus, se sommes joints aux voix finlandaise pour (tenter de) chanter l’hymne « Maamme » (notre pays, très original !). Et ensuite, on a eu droit à du glögi (genre de vin chaud sans alcool)

 

 

 torches

 

 

Il faisait froid, nuit, mais, c’était très intéressant de voir que les étudiants mènent le défilé national. Il y a des gens qui sortent exprès dans la rue pour nous voir défiler !

 

Ah oui, au passage, on a vu la Présidente, Tarja Halonen, nous salué du haut de son balcon. Et en plus, on est sur qu’elle a fait signe à notre rang, car personne devant ne lui faisait coucou de la main, et quant nous sommes passés, nous on l’a fait, et là elle nous a regardé en « wavant » ! J’en avais le cœur bondissant ! Oui, je sais, ce n’est pas la Reine d’Angleterre non plus, mais faut dire que ça faisait une semaine que je bossais sur sa campagne présidentielle et son traitement par les média, alors la voir en vrai, et non pas par le bais de texte ou d’émissions TV, ça fait quelque chose !

 

 

Le soir (oui, on est en Finlande, rappelez-vous, le soir commence donc à 18h), un gala est donné au Plais présidentiel. La chaine de TV nationale retransmet cette Linnan juhlat (“soirée au château”), suivie par la plupart des familles finlandaises. Environ 2000 personnalités sont invitées, Chevaliers de la Croix de Mannerheim, membres du Parlement, diplomates, hauts fonctionnaires, Hauts militaires et religieux, invités tous les ans, et personnalités choisies par la Présidente elle-même : sportifs, attristes, activistes, présentateurs, … Les dernières personnes à entrer sont les anciens Présidents. On les regarde serrer la main à Tarja Halonen, puis danser dans une salle comble où le moindre mouvement revient à heurter le couple voisin qui bouge à peine.

Ensuite, sur cette chaine est rediffusé le film « Le Soldat Inconnu » , tiré du roman de Väinö Linna. La version de 1955 d’Edvin Laine  est celle la plus souvent choisie. Je n’ai pas pu le regardé car nous sommes sortis. Mais je compte bien emprunter le DVD un de es jours !

 

 

Voilà pour la/ma journée d’Indépendance. Elle n’a pas amélioré mon rhume, mais m’a permise de vous en apprendre un peu plus !

 

 

 

Pour l’anecdote, l’année dernière étaient fêté les 90 ans de l’Indépendance, et une pièce commémorative a été éditée : et je l’ai en ma possession ! Trouvée par hasard dans une poignée de monnaie rendue un jour en début d’année.

On peut se demander pourquoi elle représente un aviron : c’est en fait pour représenter une caractéristique finlandaise : ma collaboration !

 

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